Le patrimoine des communes du Territoire de Belfort

Par Fourel David

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MONUMENT QUAND - MÊME

Années 1882 - 1883

Sculpteur Antonin Mercié

Bronze (H1. : 3,80 m)

MONUMENT QUAND - MÊME
En 1878, les édiles belfortains décident l’érection « sur une place de la ville d’un monument destiné à perpétuer le souvenir de la conservation de Belfort à la France et la mémoire des grands citoyens, Thiers et Denfert, auxquels elle est due ». Le conseil municipale ayant décidé d’y consacrer le reliquat de la souscription du Lion, plusieurs procès l’opposent à Auguste Bartholdi. Le projet retenu est celui d’Antonin Mercié (1845 - 1916). Le groupe, exposé au salon de 1882, reçoit une critique élogieuse. A Belfort, il est l’objet de vives attaques car la femme personnifiant Belfort porte un costume alsacien, elle n’est pas belfortaine. Comme dans le cas du Lion, l’affaire est portée en justice. Le monument, déposé pendant un an dans hangar, est mis en place en 1884. Érigé primitivement devant l’hôtel de ville, il rejoint son emplacement actuel en 1905.

MÉDAILLON

Année 1882

Sculpteur : Antonin Mercié

Monument Quand - Même

MÉDAILLON
Au lendemain du siège 1870 - 1871, Aristide Denfert - Rochereau et Adolphe Thiers jouissent d’images opposées dans la conscience populaire belfortaine. Celle du colonel est négative, car associée à la guerre : celle de l’homme d’état liée à la conservation de Belfort à la France, est positive. Aux élections législatives du 2 juillet 1881, le Territoire de Belfort refuse ses voix à Denfert -Rochereau. En août 1873, après le départ des Prussiens, Adolphe Thiers est accueilli triomphalement à Belfort. En février 1878, le conseil municipal décide d’ériger un monument à la mémoire de Thiers. Apprenant quelque mois plus tard que Montbéliard veut perpétuer le souvenir de Denfert - Rochereau, le conseil municipal de Belfort décide de « perpétuer le souvenir de la conservation de Belfort à la France et la mémoire des deux grands citoyens Thiers et Denfert à qui elle est due ». C’est ainsi que les deux hommes se retrouvent associés en médaillon sur le socle du monument Quand - même.

CANAL DE MONTBÉLIARD À LA HAUT - SAÔNE

Années 1882 - 1910

CANAL DE MONTBÉLIARD
Selon le projet approuvé par la décision ministérielle du 21 juillet 1877, ce canal devait relier le Canal du Rhône au Rhin à celui de l’est, près de Conflandey. Seule la portion Fesches - Le - Châtel - Ronchamp est entreprise. Le bassin de Champagney, qui doit l’alimenter en eau, est également construit. Pour des raisons techniques et financières, le canal n’est jamais achevé. Les travaux d’arrêtent à Châllonvillars. Douze kilomètres et demi seulement sont mis en eau, permettant au péniches d’accéder jusqu’au port de Borans. Les abords de la voie d’eau ayant été aménagés en coulée verte, le site est aujourd’hui un lieu de promenade apprécié.

SIÈGE DU JOURNAL LA FRONTIÈRE

Années 1882 - 1942

Rue du Docteur- Fréry

SIÈGE DU JOURNAL LA FRONTIÈRE
Un titre gravé dans la pierre, c’est tout ce qu’il reste de La Frontière, le plus typique des journaux d’opinion belfortains d’autrefois. Fondé en 1882 par le Dr Fréry, ce journal bihebdomadaire est pendant soixante ans l’organe d’expression de radicalisme, force politique prépondérante dans le département. Interdit après la Seconde Guerre mondiale, car il a poursuivi sa publication sous l’Occupation jusqu’en 1942, il est remplacé à la Libération, sur l’initiative de Pierre Dreyfus - Schmidt, par un nouveau journal, Quand - Même, qui paraît jusqu’en 1959.

PLAQUE DE GABRIEL VICAIRE

XXe siècle

Rue des Nouvelles

PLAQUE DE GABRIEL VICAIRE
Considéré avec Léon Deubel comme le principale poète belfortain, Gabriel Vicaire (1848 - 1900) quitte sa ville natale dès l’âge de 5 ans. Avocat inscrit au barreau de Paris en 1871, il fréquente assidûment les cercles littéraires, dans lesquels il a de nombreux amis : Heredia, Leconte de Lisle, Verlaine, Anatole France, Edmond Rostand. Il connaît la célébrité avec son recueil de poème Émaux bressans.

ANCIENNE GRANDE TAVERNE

Vers 1900

Faubourg de France

ANCIENNE GRANDE TAVERNE
Brasserie la plus moderne et la plus vaste de Belfort à la Belle Époque, de style néogothique, La Grande Taverne ne passe pas inaperçue. Des tournées de théâtre et de café - concert s’y arrêtent régulièrement. Maurice Chevalier, lors de son service militaire au 35e RI, y lance sont futur personnage de scène, en habit et chapeau claque. Vers 1908, elle ajoute à son activité traditionnelle les projections cinématographiques. Elle devient le cinéma Rex 1952 et cesse toute activité en 1986 pour laisser place à des boutiques.

Eglise Saint - Joseph

1824-1925

Architecte : Pierre Cordier

Rue Voltaire

Eglise Saint-Joseph
L'afflux de population après 1870-1871 entraîne la créatioin, en 1885 et après bien des péripéties, d'une seconde paroisse à Belfort, dans les nouveaux quatiers ouvriers. dans le premiers temps, le culte est célébré dans une chapelle provisoir érigée par l'abbé Louis Humbrecht, futur archevêque de Besançon sur un vaste terrain qu'il a acquis à proximité des usines. En 1894, sur son initiative, débute la construiction de l'Eglise Saint - Joseph. L'élaboration des plans est confiée à l'architecte belfortain Pierre Cordier, qui conçoit un édifice de style néo-gothique en pierre blanche. Un comite de soutien, présidé par l'industriel Léon Viellard se charge de réunir les fonds nécessaire. La bénédiction de la nouvelle église se déroule le 22 décembre 1901 alors qu'elle n'est pas encore entièrement achevée. le gros oeuvre est terminé en 1914 et le cloche après la Premier Guerre mondiale, mais sans flèche prévue à l'origine. Le coeur de Mgr Humbrecht est déposé dans l'église en 1927.

LES BERCEAUX

Fin du XX siècle

Faubourg de Montbéliard

Les Berceaux
Hôtel particulier de l'industriel belfortain Georges Koechlin (1854-1904) fondateur de la chambre de commerce et l'industrie et chef de fils des défenseurs du capitaine Dreyfus à Belfort, cet immeuble est acheté en 1921 par la Société alsacienne de Constructions mécanique que dirige Carlos Bohn, aménage et transformé en maternité sur l'initiative de ce dernier et du maire Edourd Lévy-Grunwald, puis mis à la disposition de l'oeuvre des Berceaux. Ceux-ci est créée pour accueillir gratuitement les filles seules ainsi que les femmes enceintes dont les conditions de vie sont précaires. Les Berceaux ont vu naître 51 291 bébés avant de cesser toute activité en décembre 1996.

ANCIEN DANCING LE LUXHOF

Vers 1900

Avenue Jean - Jaurès

ANCIEN DANCING LE LUXHOF
Bâtiment à la façade voyante, en contraste total avec l’austérité des bâtiments voisins, Le Luxhof est le plus célèbre des dancings belfortains de la Belle Époque. Les autorités ont dénombré jusqu’à quatorze bals dans ce quartier ouvrier. Dans son roman : le Faubourg des coups de triques, l’écrivain Alain Gerber l’évoque : « Au coin de la rue Quand - Même est édifié le Luxhof, où l’on boit toute la nuit, où l’on fait tourbillonner les filles les plus dégrafées de Cravanche et Valdoie »

OCTROI

Début du XXe siècle

Brique

Quai Vauban

OCTROI
Érigé quai Vauban, au débouché du pont Clemenceau , ce minuscule édifice est la dernière trace de ce qui était jadis l’une des principales sources de revenu de la ville, l’octroi. Cette taxe était perçue à l’entrée sur les marchandises de consommation locale, et même l’armée l’acquittait. Jadis à côté de la maisonnette de l’octroi, une bascule servait à la pesée des véhicules et de leur chargement.

FORT CHABROL

Année 1901

Rue du Lavoir

FORT CHABROL
En 1900, la droite nationaliste fait édifier, au cœur du quartier ouvrier du faubourg des Vosges, une « Maison du peuple », siège des syndicats jaunes et de la Ligue de la partie française. De nombreux incidents, parfois violents comme en 1902, opposent à proximité tenants de la droite et de la gauche, d’où le nom de « fort Chabrol »donné au bâtiment. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les partisans de la droite sont couramment appelés à Belfort, les « chabrolards ». Rénové, l’immeuble est devenu la résidence Bock stal.

CRÈCHE DU DCTEUR - BARDY

Année 1902

Rue Voltaire

CRÈCHE DU DCTEUR - BARDY
Créée en 1897 sur l’initiative du Dr Victor Hyacinthe Bardy (1846 - 1919), cette crèche est la première du genre à Belfort. Installée à l’origine rue de Strasbourg et confiée à des religieuses, elle accueille les jeunes enfants dont les mères travaillent dans les usines proches .Elle emménage en 1902- 1903 dans le bâtiment actuel, construit spécialement à cet usage. Elle est municipalisée en 1946. Le Dr Bardy est à l’origine de la création de la section de Belfort au Club alpin français et du développement du tourisme en montagne dans le secteur sud - vosgien. Il est le premier Belfortain, avec Camille Joachim, à avoir gravi le mont Blanc. Conseiller municipal en 1878, il est, en 1891 - 1892, l’un des rare notables à s’opposer à la destruction de la porte de France.

PALAIS DE JUSTICE

Années 1903 - 1908

Architecte : Pierre Cordier

Grès et calcaire

Place de la République

PALAIS DE  JUSTICE
Achevé en 1901, le palais de justice est inauguré le 21 juin 1903. Ravagé par un incendie en janvier 1906, il est immédiatement reconstruit, mais pas tout à fait à l’identique. Des modifications sont apportées afin d’améliorer sa fonctionnalité. Dès 1908 les travaux sont achevés et il retrouve son usage premier. Pour rendre moins austère sa façade d’un grand classicisme, l’architecte a joué sur la couleur des pierres : calcaire blanc pour le soubassement, grès au rez - de - chaussée, calcaire à nouveau mais d’une tonalité différente, à l’étage.

FRONTON

Année 1903

Calcaire

Palais du justice

FRONTON
L’ornementation du bâtiment est d’une grande sobriété. Le fronton circulaire surmontant l’entrée sert de socle à deux sculptures disposées de façon symétrique, allégories de la Justice et de La Loi.

JUSTICE DE PAIX

Année 1903

Architecte : Émile Cordier

Place de République

JUSTICE DE PAIX
Ce bâtiment de style classique a abrité de 1903 à 1932 la Caisse d’épargne de Belfort, qui l’a fait construire, puis la justice de paix.

PRÉFECTURE

Année 1903

Architecte : Fleury de La Hussinière

Place de la République

PRÉFECTURE
Avant son inauguration le 25 juin 1903, la construction de la préfecture de Belfort a rencontré une vive opposition, car pour certains, le fait de doter le Territoire de Belfort d’un bâtiment de préfecture revenait à le reconnaître comme département et à rendre sa séparation avec le Haute - Rhin irréversible. Envisagée dès 1888, sa construction est entreprise en 1901 sur des terrains dégagés par le dérasement de la porte de France de l’enceinte de Vauban. Le bâtiment est conçu comme un vaste hôtel particulier de style Louis XIII. Incarnant la présence de l’État dans le département, il doit en imposer par sont aspect extérieur tout en alliant simplicité et bon goût. La rigidité de sa façade est atténuée par des balcons à balustrade qui lui donnent du relief et le mettent en accord avec le quartier Carnot voisin.

GRAND MAGASIN

Année 1903

Boulevard Carnot

GRAND MAGASIN
Le début du XXe siècle est marqué à Belfort par l’arrivée des grands magasins. À l’entrée du boulevard Carnot et de part et d’autre sont construits Au bon marché (aujourd’hui Monoprix) en 1903 et les Galeries Modernes en 1904. Tous deux concurrencent un grand magasin typiquement Belfortain en cours de développement : Bumsel, installé faubourg de France. La toiture de l’immeuble abritant aujourd’hui Monoprix n’est plus tout à fait identique à celle d’origine : son clocheton de gauche a brûlé lors de l’incendie qui a vu en 1940, disparaître les Galeries Modernes, de l’autre côté du boulevard, et n’a pas été reconstruit dans son style initial.

PLAQUE DE JEAN - PIERRE BÉCHAUD

XXe siècle

Rue du Quai

PLAQUE DE JEAN - PIERRE BÉCHAUD
Comme le général Roussel, dont la maison natale est proche de la sienne, Jean Pierre Béchaud (1770 -1814) fait partie du groupe des généraux belfortains qui se sont illustrés sur les champs de bataille de la Révolution et de l’Empire. Issu d’une famille d’origine suisse installée à Belfort au début du XVIIIe siècle, il s’engage en 1787 dans le régiment de Dauphiné et combat par la suite en Vendée et en Italie. Lors du coup d’État du 18 brumaire, il accompagne Bonaparte à Saint - Cloud. On le retrouve à saint - Domingue, en Espagne, au Portugal. Baron d’Empire en 1810, général de brigade en 1813, il trouve la mort à la bataille d’Orthez, le 27 février 1814

INFORMATIONS:période Napoléonienne

Demeures • Place d’Armes, à l’hôtel de ville, dans l’entrée, sur une PC, on relève le nom du futur général Kléber, comme architecte et inspecteur des bâtiments publics en Haute-Alsace. Il habita Belfort de 1783 à 1791. – Salle d’honneur, un tableau, œuvre de Médard, représente le général Lecourbe à cheval défendant Belfort en 1815. • 6, Grande-Rue, maison natale de Jean-Pierre-Dieudonné Roussel. Sous-lieutenant au 94e de ligne en 1803, il sert à Austerlitz. Lieutenant après Iéna, il est affecté au 116e de ligne. Capitaine en 1809, il sert en Espagne jusqu’en 1813. Il est à Saragosse, Lérida, Tarragone et Sagonte. Chef de bataillon au 114e de ligne en 1812, il est colonel du 10e de ligne en 1815. PC du Souvenir français : « ICI EST NÉ / LE GÉNÉRAL ROUSSEL / 1782-1851 / À NOUS LE SOUVENIR À LUI L’IMMORTALITÉ. » • 11, Grande-Rue, à l’angle de la rue du Quai, maison natale du général Jean-Pierre Béchaud. Il sert à Saint-Domingue, en Espagne et au Portugal. Colonel en 1808, baron de l’Empire en 1811, général de brigade en 1813, il est tué à la bataille d’Orthez. PC du Souvenir français : « ICI EST NÉ LE 17 FÉVRIER 1770 / JEAN PIERRE BÉCHAUD / GÉNÉRAL BARON D’EMPIRE / MORT AU CHAMP D’HONNEUR / À LA BATAILLE D’ORTHEZ / LE 27 FÉVRIER 1814. » • 18, Grande-Rue, maison où mourut le général Lecourbe : « LE 22 OCTOBRE 1815 EST MORT DANS CET HÔTEL / LECOURBE CLAUDE-JACQUES / GÉNÉRAL EN CHEF DU CORPS D’ARMÉE DU JURA / DÉFENSEUR DE BELFORT / (1815). » – Le roi de Rome, en partance pour l'exil, passa la nuit du 1er au 2 mai 1814 dans cette maison. • 10, faubourg de Montbéliard, face au théâtre, demeure où est mort le général François-Xavier Mengaud le 30 décembre 1830. Général de division, sous-préfet de Belfort de 1805 à 1814, il est créé baron de l’Empire en 1811 et fait partie du conseil de défense lors du premier siège de la ville en 1813 (PC). Monument • Sur la place de la République, monument des Trois Sièges, œuvre de Bartholdi. Au centre l’effigie de la France tend une couronne de lauriers à la ville de Belfort. Les deux personnages sont entourés des statues des défenseurs de la ville exécutées par Louis Noël et Jules Dechin : – Le commandant Legrand : « À LA MÉMOIRE / DU / COMMT LEGRAND. » Puis : « JEAN LEGRAND / 1759-1824 / COMMANDANT D’ARMES / DE LA / PLACE DE BELFORT / DÉFENDIT LA VILLE / EN 1813-1814 CONTRE L’ENNEMI / PENDANT 83 JOURS AVEC LE / CONCOURS DE LA POPULATION. » – Le général Lecourbe en 1815 : « À LA MÉMOIRE / DU / LIEUT GENL LECOURBE. » Puis : « GÉNÉRAL LECOURBE / 1760-1815 / COMMANDANT EN CHEF / DE / L’ARMÉE DU JURA / DEFENDIT EN 1815 / LA HAUTE ALSACE PIED À PIED / CONTRE L’INVASION ET CONSERVA / BELFORT À LA FRANCE. » – Le colonel Denfert-Rochereau en 1870. Musée • Le musée d’Histoire installé au château consacre une salle à la période napoléonienne : armes, boutons militaires, souvenirs divers, documents en rapport avec la défense de la ville en 1813-1814 et 1815, portrait de l’Empereur, etc. On remarque l’épée du général Lecourbe et divers documents le concernant.